A.M.T.I.C EN PARTENARIAT AVEC LE CLUB LITTERAIRE

FORMATION DES ENSEIGNANTS
RISSANI

L’APPROCHE PAR COMPETENCES  DANS L’ENSEIGNEMENT 
 UN SIMPLE EFFET DE MODE OU UN LEVIER DE CHANGEMENT



DRISS SABIR 
Formateur des Formateurs

14 JUIN 2015
PROBLEMATIQUE :  L’APPROCHE PAR COMPETENCES  DAN L’ENSEIGNEMENT EST-ELLE UN SIMPLE EFFET DE MODE OU UN LEVIER DE CHANGEMENT?
......................................................................................................................................................
SITUATION -PROBLEME
Il semble que la notion de compétence fait  encore débat  et continue d'exercer une influence dans l’école. Elle se glisse même dans quelques projets de réformes.
L’APPROCHE PAR COMPETENCES  DAN L’ENSEIGNEMENT EST-ELLE DONC UN SIMPLE EFFET DE MODE OU UN LEVIER DE CHANGEMENT?
Pour  mieux cerner cette problématique, d’autres questions s’imposent.
Qu’est-ce qui motive l’école à organiser les apprentissages par compétences ?
Quelle est la plus-value de l’approche par compétences ?
Qu’est-ce que d’ailleurs l’approche par compétences ?
Quelles sont les caractéristiques d’une compétence? Comment sont mis en œuvre les programmes par compétences? Quels rôles attribue l’approche par compétences au professeur? Comment associe-t-elle les apprenants au processus d’apprentissage ?  Quelle (s) situation (s) faut-il choisir pour construire la compétence? Quel type de matériel choisir pour réaliser une compétence ?  Comment faire (pour) évaluer le niveau de compétences des apprenants?
........................................................................................................................................
I-LA MOTIVATION D’ORGANISER LES APPRENTISSAGES PAR COMPETENCES
1- le temps des études ne suffit plus pour acquérir tout le savoir
Aujourd'hui, le temps des études ne suffit plus pour acquérir tout le savoir dont nous avons besoin pour vivre et intégrer notre société en mutation constante. D’ailleurs, trop peu d’apprentissages scolaires sont conçus de manière à permettre aux élèves de mieux comprendre, de mieux se préparer à l’apprentissage tout au long de la vie et de mieux agir dans la société.
2- L’école doit se tourner vers une méthode d’enseignement qui jette les bases d’un apprentissage tout au long de la vie et qui soit adaptée à ce monde en perpétuelle progression.
3-L’approche par compétences consiste en un apprentissage plus concret, plus actif et plus durable.
Elle consiste à définir les compétences dont chaque élève a besoin pour passer à l'étape suivante de son parcours scolaire et pour être préparé à l'apprentissage tout au long de la vie.
4-L’approche par compétences met donc l’accent sur la capacité de l’élève d’utiliser concrètement ce qu’il a appris à l’école dans des tâches et situations nouvelles et complexes, à l’école tout comme dans la vie.
5-L’approche par compétences permet de différencier les apprentissages dans le double but :
*d’assurer que tous les élèves développent les mêmes compétences essentielles, et
*de développer des niveaux de compétences élargis selon les capacités individuelles des élèves.
Les compétences ne remplacent pas les connaissances. Bien au contraire : les connaissances constituent les bases des apprentissages et l’école continuera d’y accorder une importance capitale. Cependant, l’approche par compétences vise plus loin : l’élève doit mieux apprendre à utiliser et à appliquer ses connaissances dans des situations nouvelles.
II-LA PLUS-VALUE DE L’APPROCHE PAR COMPETENCES
1-Une meilleure préparation à la vie. Une méthode qui privilégie l’apprentissage par la compréhension et la mise en pratique, et non pas l’acquisition pure et simple d’une grande quantité de savoir.
2-Des apprentissages plus actifs et plus durables. En misant sur l’application des savoirs, l’approche par compétences prépare l’élève à étendre, de manière autonome, le champ de ses compétences et à poursuivre son apprentissage tout au long de la vie.
3-Des objectifs clairement définis. Avec la définition des socles de compétences, l‘école formule de manière précise ce qui est attendu des élèves à différents moments de leur parcours scolaire.
4-Une meilleure équité des chances. Les socles de compétences définissent un niveau commun de connaissances et de compétences que l’école s’engage à faire acquérir à tous ses élèves, compte tenu de leurs possibilités.
5-Une évaluation plus nuancée et plus positive.
Elle est plus positive et non plus uniquement fondée sur l'appréciation à partir des erreurs. Elle sert à déterminer les points forts des élèves et à permettre d’identifier les obstacles à l’apprentissage afin d’y remédier par les mesures pédagogiques adéquates.
III-COMPETENCE, UN FLORILÈGE DE DÉFINITIONS!
 1-COMPETENCE OU OBJECTIF?
a-Définir un objectif, c’est prévoir et décrire ce que devra savoir ou faire l’élève à l’issue d’une séance donnée.
L’objectif de séance permet d’apporter à l’élève un savoir ou un savoir-faire lui permettant d’aboutir à la maîtrise d’une compétence.
b-L’objectif doit être réalisable :
-Dans le temps imparti (une séance)
-Avec les moyens dont on dispose
-Selon des critères de sécurité suffisants
2-QUELQUES DÉFINITIONS
Il existe autant de définitions du concept de compétences que d’auteurs ayant écrit sur le sujet.
a-Une compétence c’est l’intégration et le transfert  d’un certain nombre de ressources (savoirs, connaissances déclaratives ; savoir -faire, habiletés ; savoir-être, attitudes) pour  réaliser une tâche ou résoudre une famille de situations- problèmes.
b- Une compétence c’est un savoir-agir qui fait suite à l’intégration et au transfert d’un ensemble de ressources (capacités, habiletés et connaissances) utilisées efficacement dans des situations similaires, mais non identiques.
c-Une compétence est un savoir- agir complexe  résultant de l`intégration, de la mobilisation et de l`agencement stratégique d`un ensemble de  capacités et d`habiletés dans une situation simple ou complexe.
d- Une compétence permet, à l`intérieur d`une famille
de situations, l`identification de tâche problème et sa
 résolution par une action efficace.
e-Une compétence est l'aptitude à mettre en œuvre un ensemble organisé de savoirs (connaissances, composante délarative), de savoir-faire  (habiletés, composante procédurale) et de savoir-être (attitudes, composante conative) permettant d'accomplir un certain nombre de tâches.
f-Une compétence fait référence à un ensemble intégré de  savoirs (connaissances), de savoir faire (habiletés) et de savoir -être (attitudes) qui se manifeste sous la forme d`un comportement permettant à une personne de réaliser une tâche conformément aux exigences d`une situation de travail.
g-Une compétence correspond à la capacité pour un individu de puiser lui-même dans son répertoire de connaissances et d`habiletés celles qui sont pertinentes et nécessaires pour résoudre un problème complexe ou une classe de problèmes
h-La réalisation de compétence suppose la mise en œuvre d'opérations complexes  en menant en parallèle plusieurs actions (transfert et intégration des objectifs de l'ordre des savoirs, des savoir-faire et du savoir-être) pour résoudre une situation-problème ou  franchir un obstacle.
i-« Une compétence est un ensemble intégré et fonctionnel de SAVOIRS, SAVOIR-FAIRE, SAVOIR-ÊTRE et SAVOIR-DEVENIR, qui permettront, face à une catégorie de situations, de s’adapter, de résoudre des problèmes et de réaliser des projets » (M. Romainville et autres,1998 )
j-« Ensemble de connaissances déclaratives, de connaissances procédurales et d'attitudes qui sont activées lors de l'accomplissement d'une tâche donnée.» (Brien, 1997).
k-«Ensemble de connaissances et de savoir-faire permettant d'accomplir de façon adaptée une tâche ou un ensemble de tâches.» (Legendre, 1993).  
l-La compétence est définie comme étant « un savoir agir fondé sur la mobilisation et l’utilisation efficace d’un ensemble de ressources ». (Le Programme de formation de l’école québécoise, page 9)
m-« La compétence ne réside pas dans les ressources (connaissances, capacités…) à mobiliser, mais dans la MOBILISATION MÊME DE CES RESSOURCES. La compétence est de l’ordre du SAVOIR-MOBILISER».
(G. Le Boterf, 1998)
n-« Une compétence est une capacité D’ACTION EFFICACE face à une famille de situations, qu’on arrive à maîtriser parce qu’on dispose à la fois des connaissances nécessaires et de la capacité de les mobiliser à bon escient, en temps opportun, pour identifier ET RÉSOUDRE de vrais problèmes ». (Philippe Perrenoud, professeur à la Faculté de psychologie et des sciences de l'éducation (Genève)
o-La capacité d’une personne à  AGIR d’une façon pertinente dans une situation donnée pour atteindre des objectifs spécifiques » (Philippe Meirieu)
p-« Une compétence est un SAVOIR–AGIR complexe prenant appui sur la mobilisation et la combinaison efficaces d’une variété de ressources internes et externes à l’intérieur d’une famille de situations ».
(Jacques Tardif, professeur à l’université de Sherbrooke (Canada), 2006)
q-« La compétence est un ensemble intégré de capacités qui permet - de manière spontanée - d'appréhender une situation et d'y répondre plus ou moins pertinemment. » (GERARD & ROEGIERS, 1993)
r-«Cible de formation centrée sur le développement de la capacité de l'élève, de façon autonome, d'identifier et de résoudre efficacement des problèmes propres à une famille de situations sur la base de connaissances conceptuelles et procédurales, intégrées et pertinentes.» (Deshaies, P. et plusieurs autres, 1996).
 s- « une compétence est un ensemble intégré et fonctionnel de savoirs, savoir-faire, savoir-être et savoir-devenir, qui permette, face à une catégorie de situations, de s’adapter, de résoudre des problèmes et de réaliser des projets » [BERNAERDT, ROMAINVILLE, et. all].
t- «...(des) savoir-faire de haut niveau, qui exigent l’intégration de multiples ressources cognitives dans le traitement de situations complexes.» (Perrenoud, 1995)
3-Des  exemples à l’appui
a- LA MAITRISE DE LA COMPETENCE : « réparer la panne d’une voiture »
Un mécanicien  d'automobile doit avoir appris des éléments de mécanique, de pneumatique et d'électronique, mais il n’est considéré comme compétent que s’il est capable d'utiliser toutes ces connaissances pour détecter et réparer la panne d’une  voiture. À l'École, on dit également qu'un élève a acquis une compétence lorsqu'il sait quoi faire, comment faire et pourquoi faire dans une situation donnée.
b- LA MAITRISE DE LA COMPETENCE : « CONDUIRE UN VEHICULE »
 La maîtrise de la compétence « conduire un véhicule » relève
* des objectifs de l'ordre des savoirs : règles de circulation,de sécurité, panneaux de signalisation,…
* des objectifs de l'ordre des savoir-faire: qui supposent la mise en œuvre d'opérations simples: changer de vitesse, effectuer une marche arrière, freiner, …
      des objectifs qui relèvent du savoir-être (attitudes: volonté, affectivité, motivations = savoir-vouloir) .
*des objectifs de l'ordre des comportements comme être respectueux des autres usagers. 
4-LES REFERENTIELS DE COMPETENCE
Performance , capacité, contexte,  performances,  savoir sont des notions sont plus ou moins récentes.
a-Performance :   La performance désigne la manifestation de la compétence des. D'une façon générale, la performance dans la réalisation d'une tâche dépend à la fois des contraintes de réalisation (matérielles, conceptuelles, sociales, temporelles...) et des capacités de l'individu.
 b- Aptitude :
 C’est la disposition innée ou acquise à effectuer des apprentissages spécifiques.
Capacité : Actuellement, les compétences désignent les capacités ou l'efficience plus ou moins grande d'un individu à mobiliser des opérations mentales pour résoudre des problèmes ou maîtriser une classe de situations.
C’est les savoirs et savoir-faire vérifiés par des comportements, des productions, des performances (trace évaluative de l'aptitude).*Une fois acquise, la compétence  devient une CAPACITE chez l’élève.
c-Contexte :  La définition de cette compétence s'accompagne nécessairement de la définition de la situation de mise en œuvre. Le contexte est considéré comme un champ d'interactions entre des dispositifs matériels, symboliques et sociaux qui sert de cadre pour penser l'action et lui donner une forme socialement acceptable.
5-Termes clés liés à la compétence
* L’INTEGRATION
L'idée de compétence suppose l'intégration des savoirs  (connaissances, composante déclarative), des  savoirs-faire (habiletés, composante procédurale), des attitudes (composante conative, savoir-être, ) pour constituer une réalité qui n'est pas la somme des éléments qui la composent. L'intégration des capacités (savoirs, savoirs-faire et savoir-être) conduit à la réussite d'une action.
* LE TRANSFERT
 L'idée de compétence renvoie à celle de transfert,  c-à-d- à cette capacité de traiter une famille de situations et non pas une situation particulière.
Il ne suffit pas d’avoir des connaissances ou des compétences mais bien, d’être apte à s’en servir pour devenir plus efficace dans diverses tâches.
Le transfert est un processus de réutilisation dans un autre contexte, de connaissances ou de compétences acquises dans un premier contexte. Cette réutilisation est possible après que les connaissances et compétences aient été mobilisées, combinées différemment puis adaptées.
La situation de transfert , Selon Bracke ,conduit à un nouvel apprentissage qui exige certaines transformations des connaissances et des compétences logées en mémoire à long terme.
SAVOIR ( LES CONNAISSANCES)
Les connaissances existent sous une forme « déclarative »
 Exemple : Les règles, les notions en grammaire
Le sujet peut exprimer ces connaissances. L’enseignant peut évaluer ce qui est exprimé. L’importance donnée à la mémorisation (cf. activités de révision institutionnalisées)
SAVOIR-FAIRE
Une simple  activité,  censée permettre l’expression des connaissances. Cette activité existe sous une forme « procédurale »
IV- CARACTERISTIQUES DE LA COMPETENCE
Caractéristiques de la compétence
* multidimensionnelle : elle mobilise un ensemble d'acquis. 
*cible de formation terminale : elle exprime le résultat attendu à la fin d’une démarche d’apprentissage.  
*cible de formation pertinente (lien réel avec l'après-formation)
*structure de connaissances intégrées (et non additionnées)
*capacité d'action autonome: elle  permet à l’élève d’agir  de manière autonome.
*capacité prodécuralisée (résolution rapide et efficace de problèmes)
*capacité transférable: elle permet d’exécuter une diversité d'actions ou famille de situations dans des contextes semblables mais différents.
*capacité stable et durable: elle ne doit pas disparaître du jour au lendemain.
*capacité standardisée: elle perme de résoudre des problèmes propres à un famille de situations en fonction d’un standard attendu
*capacité d'action efficace (qualité intégrant plusieurs exigences ci-haut).
Caractéristiques de la compétence - Autre point de vue-
*multidimensionnelle  elle mobilise un ensemble d'acquis
* cible de formation terminale : Centrée sur des résultats d’apprentissage.
* cible de formation pertinente :  lien réel avec l'après-formation.
* structure de connaissances intégrées et non additionnées
*capacité d'action autonome: permet à l’élève d’agir  de manière autonome.
* capacité transférable : elle permet d’exécuter une diversité d'actions ou famille de situations dans des contextes semblables mais différents.
* capacité prodécuralisée : résolution rapide et efficace de problèmes.
* capacité stable et durable : elle ne doit pas  disparaître du jour au lendemain.
* Complexe : elle est associée à des tâches d’un certain niveau de complexité qui requièrent la mobilisation de ressources variées.
* Singulière et créative : une même compétence peut s’exprimer de plus d’une façon.
* Souple et adaptable : elle ne se limite pas à appliquer une procédure ou à reproduire une démarche préétablie.
* capacité d'action efficace : qualité intégrant plusieurs exigences ci-haut.
* Dynamique et évolutive : elle exige du temps pour se développer puisqu’elle évolue à travers sa mobilisation dans des situations nouvelles.
* Individuelle et sociale : elle ne réside pas seulement dans l’individu mais dans les ressources externes qu’il mobilise.
* Réflexive et métacognitive
Elle suppose la capacité de juger de l’efficacité de son action et d’en réguler le déroulement.
V- RÔLE DE L’ENSEIGNANT
L‘enseignant  doit favoriser l‘apprentissage  grâce à un savoir-faire pédagogique, organisationnel et didactique.
1-un savoir-faire pédagogique
a- Construction de cours à partir d’une explicitation des compétences à acquérir
L’intégration, le transfert du savoir et du savoir faire, le développement de capacités d’expression, de communication, d’analyse, de jugement, voire de synthèse restent souvent bien en deçà des espérances. 
Une des voies d’amélioration consiste à construire le cours à partir d’une explicitation des compétences à acquérir par les apprenants d’ici la fin d’une unité ou d’une séquence; c’est à dire à formaliser les objectifs pédagogiques des cours.
b-Formulation opérationnelle des objectifs
* décrire ce dont l’apprenant devra être capable au terme du cours ;
* différencier entre connaissances à acquérir (savoirs),  habiletés à développer (savoir-faire), attitudes à adopter (comportements) et compétences à réinvestir dans des situations similaires et non identiques (intégration et transfert du savoir et du savoir-faire);
* utiliser des verbes d’action (calculer, expliquer, définir)
* spécifier les niveaux à atteindre : mémorisation, compréhension, application, analyse, synthèse,…
L’utilisation d’objectifs pédagogiques favorise
 *la planification et la cohérence de l’enseignement ;
 *la motivation et la responsabilisation des apprenants ;
* l’approfondissement et la durabilité des connaissances et des compétences acquises ;
* la validité des examens et des notes attribuées aux apprenants
c-Formalisation des objectifs pédagogiques
La formalisation des objectifs vous permet de:
*mieux sélectionner les contenus en gardant prioritairement ceux qu’il est nécessaire d’atteindre;
* choisir les méthodes et le matériel d’enseignement.
*concevoir les travaux demandés de façon à favoriser et induire l’acquisition des compétences visées:
*motiver et responsabiliser les apprenants en leur décrivant les compétences qu’ils pourront acquérir au terme du cours
*vérifier la progression et fournir le feedback aux apprenants ;
*préparer les tests et l’examen qui doivent permettre de vérifier si les apprenants ont atteint les objectifs ;
*définir les critères et les seuils pour la notation.
Anticipations et prévisions
         Voici quelques éléments pouvant  aider l’enseignant à faire des prévisions
         Compétence
          Objectifs
         contenus d’enseignement
         Matériel
         Situation d’enseignement apprentissage  (in put/ Savoir): activité(s) ou tâches, critères de réussite , stratégies, consignes
         Situation d’exercisation (put put/ Savoir- faire/ habiletés) : activité(s) ou tâches, critères de réussite , stratégies, consignes
         Modalités d’évaluation (out put : situations de transfert , de réinvestissement et/ ou de validation - autres contextes-) : activité(s) ou tâches, critères de réussite , stratégies, consignes
 2-un savoir-faire organisationnel
a-Organisation des situations d’apprentissage
*Inscrire chaque situation d’apprentissage dans une progression visant à réaliser la compétence ( situation initiale ou situation d’apprentissage (in put), situation intermédiaire ou construction du savoir-faire (put put), situation finale ou réalisation de la compétence (out put).                                                   
*Préparer les documents nécessaires à sa mise en œuvre ;
*Définir l’activité proposée, l’inscrire dans une durée,
*Prévoir les supports (posters, images, objets concrets, documents authentiques) et  les outils (livret de l’élève.)
*Prévoir des situations d’évaluation intégrées aux différents moments de l’apprentissage.
*Prévoir des activités de soutien et d’approfondissement en fonction de l’analyse des évaluations.
3-un savoir-faire didactique
a- Relation enseignement / apprentissage qui réunit maître et apprenants dans une situation didactique.  Le travail didactique implique, notamment, la mise en place de systèmes d’attentes mutuelles, qui dépendent en grande partie des savoirs en jeu.
 b-Dévolution: d’inspiration socio-onstructiviste.  La dévolution est l’acte par lequel l’enseignant donne cette responsabilité à l’élève (l’accent est mis sur l’action de l’élève et sur la responsabilité de ses apprentissages).
c-Milieu didactique: c’est l’ensemble d’éléments matériels, d’informations et de procédures avec lesquels l’élève doit entrer en interaction pour construire les savoirs.
L‘enseignant  est un facilitateur Carl Rogers (1902-1987) :
ü   On n’apprend bien que ce que l’on a appris par soi-même…
ü   Le maître est un facilitateur qui, par son attitude, met l’autre en situation d’apprendre par lui-même.
Il pratique
ü  L’empathie (se situe du côté de l’autre pour le comprendre de l’intérieur),
ü  La congruence (est authentique, exprime ce qu’il est et vit),
ü  La considération positive inconditionnelle (cherche toujours à positiver).
VI- RELATION ENSEIGNEMENT / APPRENTISSAGE
1-Quelques questions méritent d’être  posées par l’enseignant les objectifs du travail demandé.
- Quel est pour l'élève l'objectif du travail demandé? - Que va-t-il devoir faire effectivement dans ce travail ?- Quel est le résultat attendu ou autrement dit quand pourra-t-on considérer que l'étape de travail sera achevée ?- Quels seront les outils de l'élève ?- Quels seront les repères de temps ?
- Comment l'élève pourra-t-il évaluer que son travail est achevé avec le niveau d'exigence demandé ? (comparaison avec d'autres productions, grilles d'auto-évaluation...).
2- Quelques questions méritent d’être  posées par l’enseignant sur la dévolution.
Au cours de la séance, il faut se poser la question de savoir si les élèves travaillent effectivement et si leur activité n'est pas seulement une activité d'exécutant.
Les élèves agissent-ils ? Peuvent-ils prendre la parole, questionner, donner des exemples, reformuler les consignes, faire le bilan...?
Réfléchissent-ils?
Recherchent-ils des solutions?
Vérifient-ils eux mêmes leur travail ?
Les situations didactiques  favorisent-elles l'activité de l'élève et la construction du sens de l'apprentissage?
Les contextes sont-ils assez diversifiés pour  entretenir chez les élèves le désir, la capacité et l'habitude d’agir en réinvestissant toutes les ressources dont ils disposent ?
Les supports et les outils d’apprentissage permettent-ils d’accomplir des tâches?
VII-  ROLE DE L’APPRENANT
1- L’élève et le savoir
Quand le maître fournit directement le savoir, l’élève devient passif répétant un discours mort, c’est-à-dire une personne placée devant un produit fini dénué de sens pour lui.(Vecchi 1996)
 2-L’apprenant constructeur
Henri Marion (1846-1896) : «  La méthode active donne l’impulsion et permet à l’élève d’apprendre et de s’élever lui-même. Faire agir, voilà le grand précepte. »
John Dewey (1859-1952) : « Toute leçon est une réponse. »
Adolphe Ferrière (1879-1960) : « L’Ecole active place l’enfant au sein de situations qui lui permettent de construire ses connaissances. »
Jean Piaget (1896-1980)  ( SOCIO- CONSTRUCTIVISME) :
« Tout apprenant est un constructeur. »
  Il met en œuvre le double processus d’accommodation / assimilation,
  Il effectue des opérations mentales
  Il progresse à travers le conflit socio-cognitif.
3- L’apprenant et l’apprentissage
a- L’apprentissage centré sur l’apprenant et sur sa participation active
 L’apprentissage doit être centré sur l’apprenant et sur sa participation active dans l’acquisition de la compétence. L’élève se transforme donc en "apprenant" prenant en charge son propre apprentissage de manière autonome. Le professeur joue le rôle de facilitateur et de médiateur.
Construction générale des savoirs des habiletés et des attitudes.
Intégration et Transfert de ces connaissances pour résoudre une famille de situation-problème ou franchir un obstacle.
Exécution d’une diversité d'actions ou famille de situations dans des contextes semblables mais différents.
4- L’apprenant compétent
Pour l’apprenant compétent, il ne s'agit plus seulement de comprendre (connaissances) ou de produire des énoncés ou d’effectuer des exercices corrects (savoir-faire) mais aussi et surtout de savoir quand, comment et où (connaissances conditionnelles) les utiliser:  transfert et intégration des savoirs pour résoudre une famille de situations.
3- L’apprenant et les phases de réalisation de la  compétence
a-Construction générale des savoirs des habiletés et des attitudes.
b-Intégration et Transfert de ces connaissances pour résoudre une famille de situation-problème ou franchir un obstacle.
c-Exécution d’une diversité d'actions ou famille de situations dans des contextes semblables mais différents.
VIII-LA COMPETENCE et LA MISE EN SITUATION
Une situation didactique réunit l’ensemble d’activités dans lesquelles des apprenants doivent construire, mobiliser et transférer des apprentissages pour franchir des obstacles ou résoudre des familles de situations problèmes
1-La compétence se construit en situation
La compétence  se construit en s'exerçant face à des situations d'emblée complexes: c'est en situation que l'élève se construit, modifie ou réfute des connaissances et développe des compétences.
La mise en situation des activités pourra s'appuyer largement sur des éléments de la vie mais aussi sur l'imaginaire et le jeu (jeu de rôle, simulation).
2- La mise en situation permet de
*diversifier les contextes,
*d'entretenir chez les élèves le désir, la capacité et l'habitude d’apprendre.
N.B: Il est donc nécessaire de proposer aux élèves des situations à partir desquelles ils pourront construire du sens pour les apprentissages qu'ils développent.
3- Importance des situations
Elles ne font pas qu’exploiter mais permettent d’accroître le pouvoir d’action de l’élève!
Elles amènent l’élève à affronter des obstacles, évaluer ses limites, s’approprier de nouvelles ressources, réfléchir surs ses actions.
Elles peuvent nécessiter des ajustements ou régulations en cours d’activités pour permettre leur adaptation à l’élève. La médiation de l’enseignant ou des pairs s’avère ici précieuse.
4- Situations  et contexte d’apprentissage
Les situations doivent être un véritable contexte d’apprentissage, riche et fécond, qui permet de donner un sens aux activités qui s’y déroulent.
Il importe d’avoir une bonne  idée du cap, de la direction dans laquelle on chemine, mais cela ne signifie pas que l’itinéraire ni les ports soient entièrement déterminés à l’avance …
4- Situations d’évaluations
   Dans les situations d’évaluations (transfert/ réinvestissement, validation), l’apprenant  a besoin de connaissances et de savoir-faire qu’il doit mettre en œuvre (stratégie) pour résoudre ces situations. 
IX-LE MATERIEL DIDACTIQUE     
1- Types et nature de matériel didactique à utiliser
Un matériel fondé sur des tâches à effectuer : poster, bande dessinée,  jeux de rôles, de simulation,…..
*Un matériel inspiré de la vie courante :  variété de documents authentiques (extraits de magazines et de journaux, plans, cartes postales, annonces publicitaires, affiches, photographies, vignettes,...) ou pseudo-authentiques.
Un matériel fondé sur des tâches à effectuer : poster, bande dessinée,  jeux de rôles, de simulation,…..
*Un matériel inspiré de la vie courante : variété de documents authentiques (extraits de magazines et de journaux, plans, cartes postales, annonces publicitaires, affiches, photographies, vignettes,...) ou pseudo-authentiques.
X - L’EVALUATION AU SERVICE DES APPRENTISSAGES     
Développer des compétences, c’est mettre l’évaluation au service de l’apprentissage
RAPPEL: Les formes d’évaluation
1-Evaluation  formative
*L’évaluation est un processus qui s’inscrit dans la démarche             d’apprentissage, qui en fait partie intégrante. L’évaluation est alors essentiellement de type formatif.
* L’évaluation formative est donc la stratégie la plus utile pour appuyer l’apprentissage et pour promouvoir l’autonomie et le sens des responsabilités de l’élève.
*l’évaluation formative apporte donc à l’élève des éléments pour évoluer dans son apprentissage.
L’élève est évalué tout au long de la formation. Cette évaluation peut être renouvelée (toujours de manière informelle) au cours de la formation.  Elle impose une grande rigueur pour le formateur pour ne pas « oublier » certains fondamentaux de la formation. Elle est peu stressante pour l’élève.
2-Evaluation sommative
Il permet de faire le point sur un niveau de compétence général
Elle permet de ne rien oublier. Elle permet de s’assurer que les techniques sont acquises et pas seulement reproduites. L’examen sec en est une forme
3-Liens entre l’évaluation et l’apprentissage
L’évaluation fait partie intégrante de l’apprentissage. Apprentissage et évaluation sont indissociables.
L’évaluation vise l’amélioration de l’apprentissage des élèves                                                                  
Les élèves qui éprouvent de la difficulté et ne reçoivent aucune rétroaction positive risquent d’attribuer leurs problèmes à un manque de capacité de leur part et d’abandonner.
    Par contre, lorsque l’enseignant ou l’enseignante leur dit comment améliorer leur rendement et leur donne la possibilité de réviser leurs travaux, il ou elle leur transmet clairement le message qu’ils sont capables d’apprendre et de progresser.
4-Une démarche d’évaluation adaptée
*Elle se doit d’être cohérente avec les caractéristiques de la compétence et ne peut donc se limiter à évaluer la maîtrise de certaines ressources.
*Elle a une importante fonction formative et doit par conséquent permettre de guider les démarches d’apprentissage.
* Elle n’est pas seulement un outil mais un objet de formation puisque apprendre à s’évaluer suppose le développement de capacités métacognitives.
*Elle laisse une place importante au jugement professionnel des enseignants.
5-Place de l’erreur
*L’approche par compétences considère que l'erreur a également une fonction formative.
*L'apprenant se sert de ses erreurs pour évoluer dans son apprentissage.
NB: Le professeur détectant les erreurs peut également profiter de cette opportunité pour apporter un "feedback" constructif.
5-Statut de l’erreur
Selon le modèle d’apprentissage auquel on se réfère, le statut de l’erreur est très variable:
* comportementalisme:  apprentissage sans erreur.
* constructivisme:  l’erreur est signe d’une réorganisation des shèmes de pensée.  Ici, la notion opératoire est celle de conflit cognitif.
* socio-constructivisme:  en prenant comme référence la théorie des situations, c’est l’aménagement du milieu didactique par l’enseignant qui peut être source de divers phénomènes relevant de « l’erreur ».
6-Les 4 sources d’erreurs possibles
En théorie des situations, il convient de distinguer 4 sources d’erreurs possibles:
 *difficultés des élèves
 *difficultés des enseignants
 *difficultés relatives à la réalisation des tâches
 *difficultés inhérentes à la discipline
7-Modalités de l’évaluation formative
Deux modalités essentielles peuvent être identifiées dans ce genre de pratiques:
 *évaluation par un tiers:  souvent c’est à l’enseignant que revient la tâche de signifier à l’élève l’endroit où il se trouve par rapport au parcours individuel vers l’objectif visé. Il se peut aussi que l’institution impose des test ou autres types d’examens standarisés.
*auto-évaluation: sous forme de grilles critériées, les procédures d’autoévaluation cherchent à inclure l’élève dans les procédures institutionnelles, en l’invitant à appliquer les critères à sa propre démarche.
8-La différenciation pédagogique
L’évaluation formative fait partie des modèles de la pédagogie différenciée, dont un des buts est d’individualiser les parcours d’apprentissage, notamment en ce qui relève des rythmes et, dans une certaine mesure, des niveaux des élèves.
9-La différenciation pédagogique
 C’est « une façon de mettre les élèves  au travail et de se mettre au service de  ce travail… de créer des conditions optimales pour qu’eux-mêmes, avec leurs richesses et leurs limites, progressent le plus efficacement possible » (Meirieu, 1996). Elle repose donc sur la prise en compte de la diversité, laquelle peut avoir des visages multiples.
10-Le processus d'évaluation de la pratique d’une APC
Pour assurer la cohérence et la pérennité de la pratique par l’A.P.C, il convient de mettre en oeuvre un processus d'évaluation. Celui-ci n'échappe pas à la complexité de l'évaluation de tout projet, considéré comme un processus débouchant sur un produit à atteindre.
Réduire l'évaluation à la simple évaluation du produit final risquerait cependant de faire oublier qu'un projet s'évalue dès les premières étapes du processus, et que ces évaluations sont déterminantes pour la réussite du projet, tant pour l'orienter que pour le réguler.

11-Modes d’évaluation
Un exemple  à l’appui: Les 3 phases de d’apprentissage dans l’approche communicative
-a- Transmission de connaissances (phase d’acquisition des connaissances ) :  L’approche communicative développe la capacité de compréhension des élèves et leur fait repérer quelques éléments langagiers qui conduisent à la construction du sens.
-2-consolidation de l'acquis (phase de systématisation) : c'est une fonction dans laquelle les possibilités de transfert sont exploitées sous de multiples modalités. Cette composante cherche à pousser les apprenants à l'utilisation de la langue dans une situation bien déterminée ( fonction pragmatique, sociale et culturelle)
3-Développement de capacités et de compétences (phase de réinvestissement): il s'agit de  la fonction essentielle poursuivie par la pratique de l’approche communicative.
XII- PROBLÈMES ET DIFFICULTÉS DE L’APPROCHE PAR COMPÉTENCES
1-Les besoins des élèves ne sont pas toujours faciles à identifier, surtout dans l’enseignement général.
2-Il règne un certain flou sur le plan méthodologique, ce qui est parfois perturbant pour les  enseignants et a souvent conduit à des représentations erronées de ce qu’est ou devrait être l’approche par compétences.
3-Les  enseignants ne se sentent pas toujours préparés à cette approche pragmatique.
4-On n’a pas dégagé les moyens budgétaires indispensables à la mise en pratique de cette réforme ( documentation, formation, opportunités d’output en classe et en dehors ….).
5-Questions que se posent les enseignants
-Comment créer en classe des situations qui se rapprochent le plus possible de la réalité ?
-Où se procurer le matériel didactique fondé sur des tâches à effectuer et inspiré de la vie courante?
- Comment rendre compte de toutes les situations utiles aux apprenants ?
- Sur quoi fonder une progression valable ?Et surtout : comment passer de l'acquisition d'un savoir, d’un savoir-faire à la maîtrise de la compétence.
Remarques personnelles (sûrement subjectives!)
* Supports peu variés et souvent archaïques.
*Peu de choix laissés aux apprenants et aux enseignants: un objectif/une activité.
*Activités/documents exploités sont peu réutilisables.
Ressources souvent acquisitionnelles, mais très limitées.
* Réajustement peu fréquent et stratégies de compensation souvent théoriques, malgré les réactions négatives de l’apprenant  
* Activités de production limitées et Auto Apprentissage réduit à son plus faible degré.
Tentatives (aménagements) pour optimiser l’approche par compétences
6- L’approche par compétences n’a sans doute pas suffisamment tenu compte du contexte scolaire d’apprentissage;
a- Les prés acquis des élèves laissent à désirer.
Il est indispensable d’apporter des aménagements essentiels par rapport au modèle initial de l’approche par compétences.
 - Augmenter la quantité et la qualité de l’input et les opportunités d’output (en classe et en dehors).
 - Intégrer à l’approche par compétences une phase de réflexion sur le savoir et le savoir-faire et une plus grande systématisation des compétences
XIII-  CONCLUSION
L’approche par compétences est un modèle centré sur l`apprenant, orienté vers les résultats et axé sur la performance et vise des hauts niveaux d`apprentissage.
L’approche par compétences dans l’enseignement n’est  donc pas un SIMPLE EFFET DE MODE mais UN LEVIER DE CHANGEMENT. Son application  dans l’école nécessite un investissement humain et matériel, une innovation des programme, une détermination des socles de compétences, une formation appropriée des enseignants, des groupes de travail et un accompagnement de responsables ministériels dans la mise en œuvre réelle de cette approche.

SABIR DRISS



tarbiataalim

موقع تربية وتعليم

موقع تربوي يهتم بالشأن التربوي التعليمي بالمغرب، لنشر جديد مؤسساتكم راسلونا : tarbiawataalim@gmail.com

ضع تعليق هنا

0 تعليقات: